Le salaire émotionnel
Avez-vous déjà entendu parler du salaire émotionnel ? Apparu en 2020, le terme de « salaire émotionnel » est désigné comme étant l’ensemble des gains non-monétaires qu’une entreprise va offrir à ses salariés.
Essentiellement relié à la question financière, le salaire est désigné par le dictionnaire Larousse comme « Toute somme versée en contrepartie d’un travail effectué par une personne, dans le cadre d’un contrat de travail. Récompense méritée pour prix d’une bonne ou d’une mauvaise action ». Pour autant, force est de constater que l’argent et les avantages de type tickets restaurant et comité d’entreprise, ne sont plus les seuls arguments efficaces pour recruter ou fidéliser ses salariés.
Lucie Cheroux est psychologue du travail, elle accompagne les personnes dans leur relation au monde professionnel, pour elle « Aujourd’hui, en France, le travail n’est plus central dans la vie des Français, il en fait partie. Il y a une réelle évolution de la société puisqu’avant les personnes construisaient leur vie autour du travail ». Quelles que soit les situations et les motivations des personnes qu’elle accompagne, la question centrale abordée reste la même « Avez-vous toujours plaisir à exercer dans votre univers professionnel ? ». Les réponses sont systématiquement négatives, quand bien même, leur métier est une vocation ou qu’il soit fier de leur entreprise, reconnue pour son savoir-faire. Les besoins sont ailleurs, on parle de quête de sens et la recherche d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
Face à la pénurie de main d’œuvre et à la baisse d’attractivité de certains métiers, les chefs d’entreprise font évoluer leurs habitudes. C’est le cas de Sylvain André, gérant de salons de coiffure « Je recrute actuellement trois postes de coiffeurs(ses) qui travailleront uniquement du lundi au vendredi. C’est inhabituel dans notre profession, mais je peux comprendre que mes salariés aspirent à passer des week-ends en famille, avoir une vie sociale plus riche. Travailler le samedi rebute des candidats » explique-t-il.
Lucie Cheroux précise que « les conditions de travail comptent pour beaucoup dans l’épanouissement des personnes ». À titre d’exemple, elle cite les professionnels de santé qui ne remettent pas en question ni leurs métiers, ni leurs rémunérations, mais les moyens mis à disposition pour exercer « ils se sentent maltraitants dans le soin apporté. Naît alors une colère intérieure liée à leur éthique. C’est l’un des critères définis par le rapport Gollac, la référence en matière des risques psycho-sociaux ».